Prévoyance obligatoire en 2029 : ce que la loi acte, ce qu'elle laisse ouvert

Après deux ans d'attente, le volet prévoyance de l'accord national du 11 juillet 2023 est entré dans le droit. La loi relative à la protection sociale complémentaire des agents publics territoriaux a été adoptée le 11 décembre 2025 par l'Assemblée nationale. Pour les collectivités, le cadre est désormais posé, avec des obligations précises et un calendrier qui court jusqu'au 1er janvier 2029.

Trois obligations qui s'imposent à votre collectivité

La loi met fin au système facultatif en instaurant l'adhésion obligatoire de tous les agents en activité à un contrat collectif de prévoyance mis en place par leur employeur. Elle porte la participation financière de la collectivité à un minimum de 50 % de la cotisation correspondant aux garanties définies par la loi, là où le décret de 2022 fixait un montant forfaitaire de sept euros par agent et par mois. Elle écarte enfin le recours aux contrats individuels labellisés sur le risque prévoyance, ce qui impose de passer par une procédure de mise en concurrence pour sélectionner un contrat collectif.

Ce qui n'est pas encore écrit

La loi du 11 décembre ne traite pas du panier de garanties, dont le contenu relève des textes réglementaires à venir. Cette absence crée une zone d'incertitude pour les collectivités qui ont déjà instauré une participation en s'appuyant sur l'accord national, plus large en couverture que le décret de 2022. Les signataires de l'accord attendent la promulgation puis la rédaction de ces textes d'application, et le volet santé de la réforme fera l'objet de négociations distinctes.

Rien ne vous oblige à attendre 2029

L'échéance fixe une date limite, elle n'interdit pas d'agir plus tôt. Plusieurs collectivités et centres de gestion ont déjà appliqué les nouvelles règles à l'occasion du renouvellement de leurs contrats existants, ce qui leur permet d'étaler l'effort budgétaire et de négocier dans un marché encore peu tendu. À mesure que 2029 approchera, les consultations se multiplieront et la capacité des opérateurs à traiter les dossiers dans de bonnes conditions se réduira mécaniquement.

Xavier Viala

Directeur Général de Collecteam

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